Coup de coeur
Les bibliothécaires et les lecteurs ont aimé et vous le font partager.
« La fin des temps » Haruki Murakami Deux histoires en parallèle, en alternance chapitre après chapitre, l’une « Pays des merveilles sans merci », l’autre « La Fin des temps ».
Dans les chapitres « Pays des merveilles sans merci », le personnage principal est un informaticien hors pair de la Société System. Il a été formé et « mis au point » par le savant chez qui il se rend – début de l’histoire – qui se terre dans les souterrains d’un immeuble dont l’ascenseur, d’une lenteur extrême, le conduit d’abord à un étage supérieur où l’accueille étrangement la petite fille du savant. Elle lui donne des consignes des plus bizarres pour atteindre les souterrains dans lesquels se trouvent les laboratoires du savant.
Notre informaticien se trouve être « l’objet » d’une guerre de l’Informatique qui divise la Société System et les pirates de la Société Factory.
Dans les chapitres « La Fin des temps », le personnage principal entre dans une ville très étrange, cernée de hautes murailles, de laquelle on ne peut sortir. Les habitants sont séparés de leur ombre, une des caractéristiques étrange de cette ville. Notre personnage principal a pour mission de lire les vieux rêves, enfermés dans des crânes de licornes dans la bibliothèque.
Points communs : les deux personnages sont, chacun dans leur monde, amoureux de la bibliothécaire, de plus, l’informaticien va recevoir, du savant, un crâne de licorne tandis que le liseur de vieux rêves lit ceux-ci dans les crânes des licornes de la bibliothèque de la ville de « La Fin des temps ».
Dans ce roman, Haruki Murakami nous surprend, comme toujours, nous fait vivre dans un univers futuriste et aborde une Fin du monde des plus étrange.
« Guère d’Homme » (En bibliothèque)
Fidéline Dujeu
L'auteure se met dans la peau de sa grand-mère, imagine sa vie, ses sentiments. Elle, Marie-Rose, a vingt ans, c'est le jour de ses noces, au mois de mai 1939, un peu avant la guerre. Avec beaucoup de réalisme, d'une belle écriture, Fidéline Dujeu raconte sa grand-mère mais aussi elle, ses sentiments, ses sensations, l'amour et le désamour.
« La formule préférée du Professeur » Yoko Ogawa
Une aide-ménagère est envoyée par son employeur, chez un ancien professeur de mathématiques qui, à la suite d’un accident de voiture a vu sa mémoire réduite à quatre-vingts minutes. Tous les jours, elle se présente et il lui pose une question, quelle pointure faites-vous ? Chaque question comme chaque réponse est prétexte au développement de formules mathématiques, de plus, pour avoir un repère des choses importantes, il épingle un
petit papier sur son vêtement. Par exemple, pour l’aide-ménagère, il a dessiné son portrait, de façon très simpliste, et inscrit « aide-ménagère ». Elle intègre son univers étrange et à la demande du professeur, son fils âgé de dix ans, au lieu de rentrer et d’attendre sa maman dans leur appartement vide, va dorénavant, à la sortie de l’école, la rejoindre chez le professeur et ils prendront le repas du soir tous les trois. Le professeur a une très grande estime pour les enfants et rebaptise le garçon « Root » qui signifie racine carrée car le sommet de son crâne est aplati. Ce roman qui pourrait paraître ennuyeux pour qui n’apprécie pas les chiffres se révèle plein de sentiments, c’est un véritable tour de force qu’a accompli Yoko Ogawa.
« La fiancée de l’Ogre » (En bibliothèque)
Henri Troyat
Henri Troyat s’est inspiré de l’histoire véridique du projet de mariage entre Napoléon Ier et la grande-duchesse Anna Pavlovna, sœur cadette du tsar Alexander Ier, mariage et rencontre qui ne se réaliseront jamais.
L’auteur a imaginé la grande-duchesse tenant un journal intime dans lequel sont consignés tous les événements racontés dans ce roman.
« Roseanna »
M. Sjöwall – P. Wahlöö
Premier d'une série de dix romans écrits entre 1965 et 1975 et republiés dans des traductions entièrement revues à partir de l'original suédois. Henning Mankell a écrit la préface de ce premier tome et nous apprend qu'il a lu celui-ci, une première fois, à l'âge de 17 ans. Pour les amateurs de roman policier suédois, cette série est un nouveau filon à exploiter ! Bien sûr, les portables n'existaient pas encore, et les inspecteurs devaient se servir des cabines téléphoniques, mais une enquête reste une enquête et l'enquêteur de la criminelle de Stockholm, Martin Beck est un personnage à découvrir.

« Sept histoires qui reviennent de loin » (en bibliothèque)
Jean-Christophe Rufin
Sept histoires fortes, drôles, émouvantes.
Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.
Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice ... qui apportent leurs couleurs et
leurs parfums.
Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain.
Sept instants de vie.
Un même bonheur de lecture.
Citation
En 1963, j'étais un tout jeune violoniste, un virtuose un peu singe savant, élevé par des parents ordinaires quoiqu'ils eussent traversé l'Europe en flammes depuis leur Russie natale. Toi, la petite Française pur jus, tu semblais en avoir vu bien d'autres, sans doute parce que tu étudiais les lettres. Tu ne sortais pas des livres, mais ils t'avaient donné ce qui me paraissait alors une grande maturité. Tu parlais de l'amour avec l'expérience de plusieurs milliers de pages.

« La voix »
Arnaldur Indridason
Un Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi au sous-sol d’un hôtel de luxe.
Indridason va mener l’enquête depuis l’hôtel dans lequel il prend une chambre pour être sur place et vivre l’ambiance du lieu. Sa fille lui rend de fréquentes visites, elle se sent mal, a peur de retomber dans la drogue. Dans ce roman, Indridason va revivre la disparition de son frère et va enfin pouvoir en parler.

« Le cimetière des bateaux sans nom » (en bibliothèque)
Arturo Pérez-Reverte
L’histoire d’un marin sans bateau et d’une conservatrice au musée de la Marine à la recherche d’un navire espagnol, le Dei Gloria, coulé le 4 février 1767. Persuadée qu’il avait un « trésor » à bord engage Coy le marin pour retrouver l’épave.
La chasse au trésor est engagée, les ennuis commencent et c’est le début d’une grande aventure.
Très belle écriture d’un auteur membre de la Real Academia Espanola de las Letras.

« Dans l’or du temps » (en bibliothèque)
Claudie Gallay
Un dialogue entre le narrateur et une vieille dame singulière, Alice. Le narrateur est marié à Anna et père de deux jumelles. Ils passent l’été en Normandie et, c’est là, sur ce lieu de villégiature, cet endroit où ils passent leurs vacances, que le narrateur, négligeant sa famille, rencontre Alice qui va lui raconter sa jeunesse dans le sillage des surréalistes et dans la mémoire de la tribu indienne Hopi.
Ce roman de Claudie Gallay est très attachant mais peut surprendre par sa construction. En effet, le récit est formé d’une multitude de phrases courtes ! Je n’ai donc pas retrouvé le style des Déferlantes, mais j’ai apprécié ce roman très attachant et d’une lecture facile et agréable et qui ne manque pas de profondeurs.

« Encres de Chine »
Qiu Xialong
Chaque enquête de l’inspecteur principal Chen et de l’inspecteur Yu sont prétextes à nous faire découvrir la Chine « actuelle » mais aussi celle de la Révolution culturelle, la Chine des « Monsieur Gros sous », de la corruption et celle des familles qui s’entassent, à huit, dix ou douze, dans une même pièce ! Chen qui est aussi poète émaille son récit de poèmes, nous cite des proverbes et nous révèle des croyances du passé, croyances auxquelles croient encore les vieux chinois.
Peut-être ses romans ne sont-ils écrits que pour dénoncer les exactions d’un régime ? De toute façon, ses enquêtes policières sont bien menées et de lecture agréable.
L’enquête menée dans ce roman est délicate car c’est une ex-garde rouge devenue dissidente qui est retrouvée assassinée. Le gouvernement fait pression sur la police pour qu’une arrestation rapide ait lieu afin d’éviter toute problématique à caractère politique.

« Le Chinois »
Henning Mankell
Dans un petit village isolé dans le nord de la Suède, dix-neuf personnes ont été massacrées la même nuit, c’est-à-dire toute la population de celui-ci. La policière, Vivi Sundberg, croit à l’acte d’un déséquilibré mais, Birgitta Roslin, juge, s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère font partie des victimes. Birgitta Roslin va mener une enquête parallèle qui la conduira en Chine où elle sera prise dans l’engrenage d’une machination géopolitique.
Henning Mankell qui partage sa vie entre la Suède et le Mozambique, par le biais de son roman, évoque l’implantation des Chinois en Afrique.
Henning Mankell n’a pas fini de nous étonner avec toujours autant de talent et une écriture de grande qualité.
« La dame du Palatin » (en bibliothèque)
Patrick de Carolis
Merveilleux roman qui se déroule de l’an 38 après J.-C. jusque l’an 65 après J.-C. dans la Rome antique. Le roman commence lorsque Paulina est âgée de 12 ans. C’est toute sa vie que l’auteur nous raconte et c’est une vie très riche pleine d’émotions et de rebondissements. Paulina n’a pas vingt ans quand elle se retrouve veuve. En route pour Rome afin d’y retrouver son père qui s’y est établit, le bateau fait naufrage et c’est sur l’île de Corse qu’elle rencontrera Sénèque qu’elle épousera quand il regagnera Rome. Patrick de Carolis révèle la vie passionnante de cette femme entraînée malgré elle dans les intrigues sanglantes de la Rome impériale de Claude, d’Agrippine et de Néron.
Cette tranche d’histoire de la Rome antique, est dépeinte avec érudition et talent par l’auteur.
«
L’interprétation des meurtres »
Jed Rubenfeld
Pour son premier livre, Jed Rubenfel, fait fort ! Nous sommes en 1909, Freud accompagné de Ferenczi et Jung débarque à New York où il donnera une série de conférences à l’Université Clark. Ils sont accueillis par Younger, jeune médecin, qui leur fait découvrir la ville. Une campagne de dénigrement sur la psychanalyse et la personnalité de Freud met en péril les conférences prévues, auront-elles lieu ? Le cadavre d’une jeune fille torturée et étranglée est découvert et disparaît de la morgue, une autre jeune fille de la bourgeoisie, Nora, a, quant à elle été fouettée et étranglée mais a miraculeusement survécu. Freud charge le docteur Younger de la psychanalyse de Nora. Ce roman ne manque pas d’aventures, toutes plus étranges les unes que les autres, qu’un inspecteur tâchera de résoudre. 1909, c’est aussi la fin de la construction du pont de Brooklyn, fleuron d’architecture dont s’enorgueillit le maire de New York. A la fin du livre, l’histoire achevée, l’auteur renseigne le lecteur sur la part de fiction. L’histoire est fiction du début à la fin et, est bâtie sur de nombreux éléments inspirés de la réalité. On peut constater combien Jed Rubenfeld s’est bien documenté et nous livre un roman qui tient la route. Un livre que j’ai apprécié !

« Rien ne s’oppose à la nuit » (en bibliothèque)
Delphine de Vigan
…"Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. » ….
Delphine de Vigan essaie de cerner la personnalité de sa mère, Lucile, sujette à des troubles bipolaires, et cherche les raisons intimes qui ont conduit à son suicide. Empreinte d’un sentiment de culpabilité, elle se pose des questions et mène une véritable enquête au sein de sa famille pour mettre au jour les « événements » qui ont eu une incidence majeure sur la construction de la personnalité de Lucile. L’hérédité génétique n’explique pas tout ….
Manuscrit poignant sur la vie de Lucile, marquée par les non-dits d’une famille et l’éducation de Georges et Liane, ses parents omniprésents dans l’ouvrage. Un roman qui vous prend aux tripes car il révèle beaucoup de souffrances enfouies et de nombreuses morts « prématurées ». Un roman bouleversant qui met en lumière la fragilité humaine ballotée « presqu’à l’insu de leur plein gré » par ceux qui sont censés la protéger, nos parents et nos proches. Un témoignage vif mais surtout bien écrit et nécessaire à la catharsis de l’auteure.
« L’ombre du vent » Carlos Ruiz Zafon.
« Kafka sur le rivage » Haruki Murakami
« Le retour du professeur de danse » Henning Mankell
« Les mains rouges » Jens Christian Grondahl (Danemark)
« Une tombe à Gaza » Matt Rees
« Là où les tigres sont chez eux » Jean-Marie Blas de Roblès
« L’épouvantail » Michael Connelly
« Ouragan » Laurent Gaudé
« Helena Rubinstein : la femme qui inventa la beauté » Michelle Fitoussi
« Boomerang » Tatiana de Rosnay 



